mercredi 26 août 2009

Mini terrarium pour Chirita tamiana

Il y a une semaine je vous montrais mon mini terrarium pour mes orchidées bijoux. J'en ai un deuxième, planté d'une petite Gesnériacée : Chirita tamiana.

Cette plante qui tient dans le creux de la main est donc de la famille des saintpaulias, des codonanthes, des épiscias, des columnéas et des aeschynanthus. Jamais proposée en France à ma connaissance, il est possible de l'acheter en Angleterre, chez Dibleys Nurseries. Mes pieds sont issus de graines que j'avais récolté il y a quelques années sur des pieds que je cultivais dans un grand terrarium, à partir de semences diffusées par la Gesneriad Society, société américaine consacrée aux Gesnériacées, dont je suis membre depuis... Je ne compte plus ! Bref, dès que cette espèce a été diffusée (la Gesneriad Société propose un service de vente de graines avec une liste incroyable d'espèces, régulièrement mise à jour), j'ai commandé des graines et j'ai obtenu facilement des plants, qui fleurissent en quelques mois à peine quand ils sont cultivés en terrarium sous éclairage artificiel.

La plante n'est peut être pas très spectaculaire, mais elle est résolument charmante, tout simplement ! Elle forme une rosette de feuilles ovales vert vif brillantes d'où sortent les hampes florales. Les fleurs sont tubulaires, blanches avec deux marques violettes au coeur. Elles donnent ensuite un fruit allongé, très effilé, rempli de graines très fines (photo ci-dessous). Dans un terrarium, les semences germent facilement, il faut même surveiller pour que les plantes ne soient pas trop serrées. Car cette espèce est vraiment facile à cultiver, même à l'air libre si j'en crois la réussite de Plantine. Pour ma part, je les ai toujours cultivées dans un terrarium éclairé.

Mes plants sont maintenant installés dans un aquarium Nano cube 30 litres Dennerle, le même que celui utilisé pour mes crevettes. J'ai simplement doublé l'éclairage, 2 x 11 watts. J'attends maintenant qu'elles reprennent et se remettent à pousser dans leur nouveau territoire qui leur est entièrement dédié. Jusqu'ici, je les cultivais dans un grand terrarium avec des bégonias, mais ces derniers sont décidément trop envahissants, je devais sans cesse surveiller pour que mes chiritas ne soient pas étouffés. En terrarium, tout va très vite... Des plantes trop serrées, une feuille qui pourrit et c'est toute une branche ou une touffe qui périt. Aussi, j'ai maintenant un grand terrarium à bégos, un petit à orchidées bijoux, un petit à chiritas. J'en ai d'autres en préparation, mais je dois d'abord trouver le meuble qui va les supporter.

Un peu d'histoire concernant cette espèce miniature, tiré de l'article de John Boggan, du département de botanique du Smithsonian Institute à Washington, publié fin 1999 dans le journal de la Gesneriad Society, qui s'appelait à l'époque The Gloxinian : il y a à peu près 20 espèces de chiritas au Vietnam, et, exception faites de deux espèces annuelles de la section Microchirita considérées comme des mauvaises herbes, les espèces sont très peu connues. Chirita tamiana a été récoltée par une expédition de botanistes russes et vietnamiens en 1986 sur le mont Tam Dao, au Nord Ouest d'Hanoi, la capitale du Vietnam. Les premières plantes ont fleuri au jardin botanique de Saint-Petersbourg en 1991. Elle a transité ensuite par les jardins botaniques de Liberec (République tchèque), l'Université de Vienne et le Royal Botanic Garden d'Edinburgh en Écosse. Elle a été importée aux Etats-Unis par Anna Weitzman, collègue de John Boggan lors d'un voyage effectué en mai 1998 au Royal Botanic Garden. À l'époque, la plante a été introduite sous le nom erroné de Chirita eberhardtii. Il s'agissait en fait d'une espèce encore non dénommée, ce qui fut fait en 1999 lors de la convention de l'American Gloxinia and Gesneriad Society (devenue depuis la Gesneriad Society) qui se déroulait à Nashville, Tennessee (USA) : Chirita tamiana B. L. Burtt.

Le type a été cultivé au Royal Botanic Garden d'Edingburgh sous le n° 199811743 (E). Origine : N. Vietnam, Prov. Vinh Phu, Tam Dao (NO de Hanoi), coll. Soviet-Vietnamese Expedition 1986, N° 114.

4 commentaires:

Plantine a dit…

Bravo Alain pour cet article si bien documenté. Je ne savais pas qu'il était de découverte si récente.
Bravo aussi pour le Nano ! quand tes petits se seront remis, ce sera du plus bel effet.
J'imagine le mal que tu as dû te donner pour repiquer tous ces plans sans massacrer leurs petites feuilles si cassantes ; c'est du grand art !
N'importe qui peut commander des graines après s'être inscrit ?
J'ai déjà des bocaux en verre un peu partout et maintenant, je manque nettement de place. Pas possible de les suspendre ... trop risqué.
J'ai mis un lien vers ton article dans celui que j'avais fait et j'ai fait aussi un nouveau sujet pour le signaler à ceux que ça avait intéressé.

Merci d'avoir mis un lien sur mon sujet, c'est super gentil.
Bonne soirée.

Alain of Paris a dit…

Merci Plantine pour la belle citation ! Tout le monde peut adhérer à la Gesneriad Society, il faut juste comprendre et lire l'anglais. Et une fois inscrit, les achats de graines sont possibles tout au long de l'année. Il en est de même d'ailleurs pour l'American Begonia Society. But englih speaking is the main problem...

Anonyme a dit…

On est bien loin de la bonne vieille bombonne des années 70... (pleine de condensation, avec des plantations hasardeuses,et un goulot étroit
empêchant tout entretien);0)
Le nano, c'est beau (j'en ai un avec des crevettes caridina japonica)
J'ai eu un problème d'algues cyano qui m'avait découragé, mais tout est rentré dans l'ordre (bonjour l'odeur...)Comme toute chose, c'est surveiller.

Papymimi a dit…

Bon...je ne suis pas un as pour publier des commentaires. Je voulais apparaitre sous le nom de papymimi mais j'ai du mal cliquer ;0)
Donc "La bombonne" c'est de papymimi.